En bref
- L’arrosage en serre demande une surveillance constante car les plantes ne reçoivent jamais la pluie naturelle
- Le système goutte-à-goutte représente la solution la plus économique et précise pour l’irrigation des cultures sous abri
- Il faut adapter la fréquence d’arrosage selon la saison, le type de sol et les variétés cultivées
- L’arrosage manuel convient aux petites serres tandis que les systèmes automatiques optimisent les grandes surfaces
Les différents systèmes d’arrosage pour la serre
L’arrosage manuel traditionnel
L’arrosage manuel reste la méthode la plus simple pour débuter dans une serre de jardin. Il suffit d’utiliser un arrosoir à long bec pour un arrosage précis au pied des plantes. Cette technique permet un contrôle total de la quantité d’eau apportée à chaque plant. Pour les semis et jeunes boutures, il vaut mieux opter pour une pomme d’arrosage en pulvérisation qui évite les éclaboussures. L’irrigation du potager sous serre demande une attention particulière aux besoins spécifiques de chaque culture.
Le système d’arrosage goutte-à-goutte
Le système goutte-à-goutte constitue la solution d’irrigation la plus répandue dans les serres de jardin. Ce système d’arrosage délivre l’eau directement aux racines par des tuyaux micro-perforés ou des capillaires. Les goutteurs intégrés distribuent environ 2 litres par heure sous une pression d’un bar. Il est généralement conseillé d’équiper le kit d’arrosage d’un réducteur de débit, d’un filtre et de vannes d’arrêt individuelles pour réguler l’apport en eau selon les besoins de chaque zone.
Un kit d’arrosage goutte-à-goutte comprend des tuyaux en polyéthylène de 16 mm pour le réseau primaire et de 5 mm pour le réseau secondaire. Les raccords droits, coudes et T permettent de créer un circuit adapté à la configuration de la serre. Le choix du système d’arrosage dépend de la surface à irriguer et du type de cultures.
L’arrosage par aspersion
L’arrosage par aspersion reproduit une pluie fine grâce à des asperseurs placés en hauteur dans la serre. Cette méthode convient particulièrement aux grandes serres maraîchères et aux cultures nécessitant une forte humidité. Les asperseurs professionnels couvrent toute la surface de la serre avec des vannes individuelles pour traiter des zones spécifiques. Il faut éviter l’aspersion pour les tomates qui sont sensibles aux maladies cryptogamiques.
La brumisation pour réguler l’hygrométrie
La brumisation diffuse un brouillard et une fine pluie durant les journées chaudes et ensoleillées. Ce système d’irrigation permet une meilleure gestion de l’hygrométrie et de la température dans la serre. Un programmateur déclenche la brumisation selon les besoins pour maintenir des conditions optimales de culture.
Quand et comment arroser dans la serre ?
Le bon moment pour l’arrosage
Il est préférable d’arroser le matin, environ deux heures après le lever du soleil, pour limiter l’évaporation. En cas de forte chaleur, un arrosage complémentaire le soir peut s’avérer nécessaire, mais sans excès pour éviter l’accumulation d’humidité nocturne. Les bases de l’arrosage incluent le respect de ces créneaux horaires optimaux.
Reconnaître les besoins en eau des plantes
Il faut observer la couleur de la terre pour évaluer son niveau d’humidité : un sol humide présente une teinte plus foncée. Gratter quelques centimètres de surface permet de vérifier l’humidité en profondeur. Les signes de soif des plantes incluent un feuillage tombant, des feuilles recroquevillées et des tiges sèches. Une tarière aide à contrôler l’humidité du sol en profondeur avant de décider d’arroser.
Adapter l’arrosage selon la saison
En hiver et automne, il vaut mieux espacer les arrosages et aérer régulièrement la serre pour éviter l’excès d’humidité. Au printemps et en été, un arrosage quotidien devient nécessaire, voire deux fois par jour lors des fortes chaleurs. Même sans cultures hivernales, il faut arroser la serre plusieurs fois en hiver pour préserver la vie du sol et maintenir l’activité des vers de terre.
Installation et optimisation du système d’arrosage
Planification du réseau d’irrigation
Il faut dessiner un plan d’arrosage avant l’installation pour déterminer le débit maximal par zone. Les lignes d’arrosage suivent les planches de culture avec une boucle pour garantir l’homogénéité de distribution. Pour les petits plants, un quadrillage avec des lignes longitudinales et transversales assure une couverture complète. L’arrosage du potager sous serre nécessite cette approche méthodique.
Les étapes d’installation du goutte-à-goutte
- Déployer le tuyau principal en polyéthylène de 16 mm le long des allées
- Ajouter les raccords et connecteurs pour les angles et déviations
- Connecter les tuyaux secondaires de 5 mm vers les zones de plantation
- Percer le tuyau pour poser les goutteurs au pied de chaque plant
- Fermer les extrémités avec des bouchons cannelés
- Fixer les tuyaux au sol avec des piquets
- Tester le système et régler les débits
Automatisation avec programmateur
Un programmateur permet d’automatiser l’arrosage en définissant les horaires et la durée d’irrigation. Cette solution économise l’eau et assure un arrosage régulier même en cas d’absence. Il est généralement conseillé d’associer le programmateur à une pompe solaire pour un fonctionnement autonome. Le prix de l’arrosage varie selon le niveau d’automatisation choisi.
Optimiser la gestion de l’eau en serre
Récupération et stockage de l’eau de pluie
Il faut installer des gouttières sur le toit de la serre pour récupérer l’eau de pluie dans des bidons de stockage. Cette eau présente l’avantage d’être dépourvue de calcaire et à température tempérée. Les bidons stockés dans la serre créent une masse thermique qui lisse les écarts de température jour-nuit, protégeant les plantes fragiles.
Le paillage pour limiter l’évaporation
Le paillage avec des copeaux de bois ou des fibres de coco limite l’évaporation, conserve l’humidité du sol et régule la température. Cette technique écologique empêche le développement des mauvaises herbes et protège les plantes du stress hydrique. Il vaut mieux renouveler le paillage régulièrement pour maintenir son efficacité.
Adapter l’arrosage selon le type de sol
Un sol sablonneux sèche rapidement et nécessite des arrosages fréquents mais modérés. Un sol argileux retient mieux l’eau et permet d’espacer les apports hydriques. Il est préférable d’amender un sol sablonneux avec de la bentonite pour améliorer sa capacité de rétention d’eau. Le binage régulier ameublit le sol et facilite la pénétration de l’eau.
Éviter les erreurs d’arrosage en serre
Prévenir les maladies liées à l’excès d’humidité
Un mauvais arrosage favorise le développement de maladies cryptogamiques comme le mildiou et l’oïdium. Il faut arroser au pied des plantes pour éviter de mouiller le feuillage. L’excès d’eau provoque aussi la salinisation du sol par évaporation et remontée des sels minéraux. En cas de doute sur les besoins en eau, il vaut mieux attendre plutôt que d’arroser prématurément.
Adapter l’arrosage selon les variétés
Les plantes à grandes feuilles comme les tomates et courgettes ont des besoins importants en eau. Les variétés à racines superficielles nécessitent un arrosage fréquent mais modéré, tandis que celles à racines profondes préfèrent un arrosage moins fréquent mais plus abondant. Il est généralement conseillé de regrouper les plantes selon leurs besoins hydriques pour optimiser l’irrigation.
Surveiller la température de l’eau
Il faut utiliser de l’eau tempérée pour éviter le choc thermique aux racines. L’eau stockée dans la serre prend naturellement la température ambiante. En été, il est préférable de faire fonctionner le goutte-à-goutte toute une nuit au moins une fois par semaine pour un arrosage en profondeur.
FAQ
Quelle fréquence d’arrosage adopter en hiver dans une serre ?
En hiver, il faut arroser la serre environ une fois par semaine pour maintenir l’humidité du sol sans le détremper. Même sans cultures, plusieurs arrosages hivernaux préservent la vie du sol. En permaculture, un arrosage toutes les trois semaines suffit généralement.
Comment choisir entre arrosage manuel et automatique pour sa serre ?
L’arrosage manuel convient aux serres de moins de 10 m² et aux jardiniers présents quotidiennement. Au-delà, un système automatique économise du temps et de l’eau tout en assurant une irrigation régulière. Le goutte-à-goutte automatisé devient rentable dès 15 m² de surface cultivée.
Peut-on arroser par aspersion toutes les cultures sous serre ?
L’aspersion convient aux radis, navets, haricots et légumes d’hiver comme les laitues et choux. Il faut éviter cette méthode pour les tomates, sensibles aux maladies du feuillage. L’aspersion s’utilise aussi pour les semis et en complément du goutte-à-goutte selon le stade de développement.